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29/01/08

Notion d'œuvre d'art

Selon moi, de manière assez générale, une œuvre d'art est un objet crée ou préparé par quelqu'un qui créera une émotion chez quelqu'un d'autre. Ce n'est pas uniquement l'objet matériel qui désigne l'œuvre, mais aussi tout autre élément qui pourrait donner cette émotion au spectateur; que ce soit le contexte, l'intention de l'artiste, le lieu de l'exposition, les autres œuvres présentées dans la même exposition, etc. L'émotion n'a pas besoin d'être très grande, c'est même plutôt subtil. Une simple réflexion sur l'œuvre allant un peu plus loin que "cet objet est beau" ou "cet objet est laid" pourrait être considéré comme étant une émotion. Cette émotion, bien qu'un spectateur puisse en discuter subséquemment avec ses amis, est au départ personnelle. L'impression que l'objet soit ou non une œuvre d'art pour le spectateur conformément à ma petite définition dépend donc aussi de lui-même.

 

Je pourrais donc dire que les carrés rouges qui ont été exposés au dernier cours étaient des œuvres d'art, d'une certaine façon. J'avais trouvé l'atelier plutôt amusant, avec une certaine touche humoristique et il m'a porté à réfléchir. Toutefois, je pourrais aussi dire que les carrés n'étaient que des éléments d'une plus grande œuvre d'art: l'exposition en tant que telle. Après tout, c'est le fait qu'autant de carrés semblables les uns les autres soit rassemblés au même endroit, avec une signification différente pour chaque carré qui porte autant à réfléchir, notamment sur la définition de l'œuvre d'art en tant que telle. Le tout. Le même principe pourrait être appliqué à la Fontaine de Duchamp, le fameux urinoir. Ce n'est pas l'urinoir en tant que tel qui fait que c'est une œuvre d'art, c'est le fait qu'elle se retrouve bel et bien là. Rien d'autre ne rend cet urinoir "meilleur" que les autres urinoirs, Duchamp aurait pu en choisir un autre. Le fait est que c'est bel et bien cet urinoir qu'il a choisi et que si le spectateur individuel trouve le concept intéressant, il lui attribuera le statut ambigu d'œuvre d'art selon ma propre définition et cette impression individuelle restera attachée à l'œuvre.

 

05/03/08

Suite de la réflexion sur la notion d'œuvre d'art

Je dois avouer que je m'y prend un peu tard pour faire une mise à jour de ma notion d'œuvre d'art. Toutefois, le fait de l'avoir eu en tête aussi longtemps m'a permis de mieux l'intégrer et de pouvoir finalement trouver des liens entre celle-ci et mon projet d'intégration, contrairement à ce que j'aurais pu précédemment dire dans ma première version de définition de projet. Au cours des séminaires auxquels nous avons assistés en lien avec ce sujet, j'ai relevé quelques points qui revenaient souvent dans la discussion. J'ai aussi subséquemment continué à essayer de l'élaborer au cours des trois semaines suivantes environ.

 

Un premier point qui revenait fréquemment était le principe d'intention. Plusieurs étudiants affirmaient que l'intention de l'artiste est nécessairement la base de l'œuvre, voire qu'elle fait qu'une œuvre est une œuvre ou pas. Je crois que l'intention peut en effet parfois être à la base de l'œuvre et tout aussi bien être ce qui la qualifie comme "œuvre", mais pas forcément. Un exemple ou l'intention est effectivement aussi importante serait la Fontaine de Duchamp. L'urinoir aurait gardé sa fonction d'urinoir si Duchamp n'avait pas eu l'intention de la placer dans le contexte où il l'a placé et comme expliquée précédemment, c'est le fait qu'il l'est mis là qui le qualifie d'œuvre d'art. Une installation qui peut être vue presque comme une performance, en quelque sorte, puisque c'est le geste qui compte. Par "intention", nous parlons ici de ce que le créateur (pour ne pas dire "l'artiste", qui reste presque aussi ambigu que l'art en tant que tel) voulait faire de sa création. Elle constitue donc le message, s'il y en a un, que le créateur voulait livrer ainsi que tout autre raison d'être qu'il aurait pu attribuer à cette création. C'est là que l'intention commence à perdre son importance dans ce qui constitue ou ne constitue pas une œuvre d'art. Un créateur peut très bien vouloir créer un objet (d'ailleurs, j'utilise ce mot de manière plutôt détachée, l'objet peut très bien être un texte ou une prestation quelconque) tout simplement pour pouvoir accrocher quelque chose de beau qu'il a fait lui même sur son mur. L'art thérapie rentre aussi ici en jeu, puisqu'en voyant qu'il a crée quelque chose qu'il trouve beau et en l'accrochant sur son mur avec fierté, il garde de l'expérience une certaine satisfaction. Il s'est aussi probablement détendu en la créant. Là était son intention. Toutefois, le problème est qu'en l'accrochant au mur de telle sorte que personne d'autre ne puisse la voir, ce qui aurait pu potentiellement devenir une œuvre d'art reste un simple objet. Un autre endroit ou l'intention perd de son importance réside dans le fait qu'elle peut ne pas se rendre au spectateur. Quelqu'un peut ne pas comprendre où voulait en venir le créateur sur la fiche explicative de la création, mais cet auditeur peut tout de même en retirer quelque chose d'autre et être quand même touché par l'œuvre. Comme je le disais, c'est le tout final qui compte, même si l'intention ne fait pas partie des éléments que le spectateur a pu/voulu ramasser et mettre dans son tout.

 

Partant de ce fait, un autre étudiant a relevé ce deuxième point: une création peut-elle être une œuvre d'art s'il n'y a personne pour la voir? Cela me rappelait l'histoire de l'arbre qui tombe dans une forêt où il n'y a personne. Ferait-il du bruit? Potentiellement, il pourrait bien faire du bruit, mais personne ne le saura tant qu'il n'y aura pas quelqu'un pour l'entendre. Le parallèle à faire serait donc que l'objet est l'arbre, l'impression qu'il crée est le bruit et l'audience est quiconque passait par là. L'objet peut ne pas créer d'impression chez l'auditeur autant que l'arbre peut ne pas tomber. Peut-être aussi que le passant portait des écouteurs. Si le passant ne veut pas entendre le bruit, il ne l'entendra pas; si le chroniqueur têtu tient à ne pas reconnaître qu'une œuvre en est une, il ne la verra probablement pas comme telle. Il faut rester l'esprit ouvert et les oreilles débouchées!

 

L'esthétisme de l'œuvre semblent aussi avoir été importantes à travers les discussions. Depuis le départ, je ramène cette idée plutôt vague d'impression ou de sentiment créés par l'œuvre. Cette impression n'est pas quelque chose de noir ou blanc, elle n'est pas quelque chose que nous avons ou que nous avons pas, elle peut avoir une certaine intensité. Un élément qui peut contribuer à augmenter (ou diminuer, malencontreusement) cette impression est justement le côté esthétique de l'œuvre. Il n'est pas central, mais il a son importance. Nous ne parlons pas ici de beauté, la laideur d'une œuvre peut aussi amplifier l'impression de "dégout artistique". Par esthétisme, nous entendons aussi par là la qualité d'exécution de l'œuvre. Une création mal exécutée peut enlever toute impression qu'elle aurait bien pu donner, ne laissant que de l'apathie. L'arbre tombe tellement mal qu'il ne fait pas de bruit. Évidemment, l'impression reste encore et toujours personnelle et certaines personnes peuvent être plus réceptives et permissives que d'autre. La qualité d'une œuvre n'est donc pas fixe et absolue.

 

Cette façon générale de voir les choses pose certains problèmes. En étant confronté à l'idée qu'une création ne devient une œuvre qu'une fois qu'elle a été appréciée, un artiste peut être un peu démoralisé. Il ne lui reste plus qu'à retrousser ses manches et à construire ce qui pourrait potentiellement être une œuvre. Il plante l'arbre. La meilleure chose à faire pour ne pas être trop démoralisé serait probablement de ne pas trop y songer, à créer seulement pour créer. À faire ce que l'on croit est bon (d'un point de vue moral et non pas qualitatif). Mais tout ça devient trop philosophique et éthique pour moi et nous retournions un peu trop dans le sujet de l'intention. Où je voulait en venir est que si l'artiste tient vraiment à mettre toutes les chances de son côté et a créer ce qui sera une œuvre, il existe peut-être certains éléments qui seront plus enclins à créer l'impression ou à augmenter son intensité qui peuvent être placés par l'artiste dans le tout... quasi-final. Car le tout final est l'ensemble des éléments que le spectateur perçoit, d'une manière ou d'une autre et non pas seulement "tout ce qui est là". Mais même si des éléments peuvent se perdre en chemin, un artiste pourrait, si c'est vraiment ce qu'il désire, essayer de rassembler de tels éléments favorables. C'est là que l'étude de l'art peut montrer son importance. C'est un milieu ou les conventions et les définitions se retrouvent souvent changées et beaucoup de points importants reliés à ce champ d'étude relèvent seulement d'opinions, il peut être donc difficile d'en retirer quelque chose d'absolu. Toutefois, depuis le temps, n'est-il pas probable qu'on ait trouver quelque chose? Je parais peut-être enthousiaste à ce sujet, mais honnêtement je ne sais pas trop quoi en penser. D'un côté, je suis pour la quête de la vérité et si ce mystérieux élément n'a pas encore été découvert, une partie de moi veux encourager les historiens de l'art pour qu'ils le trouvent. D'un autre côté, je vois cette façon de faire comme étant très dénaturalisée. Ce serait presque de la triche pour un artiste de créer son œuvre de manière aussi systématique. L'autre partie de moi croit donc que cet élément, si il existe, ne devrait pas être découvert.

 

Giacometti / Le bilan

Je ne peux pas vraiment commenter la lettre de Giacometti, je ne parviens pas à la lire convenablement. Je peux tout de même faire un recul sur le bilan que nous avons eu à rédiger.

 

Le processus de rédaction en tant que tel m'a permis de me remémorer certains éléments de mon apprentissage collégial et antérieur que j'aurais pu oublier. J'ai fait plusieurs redécouvertes ne figurant pas dans la version finale de mon bilan car je ne les jugeais pas assez importantes, mais le simple fait des retrouver m'a donné une certaine impression (mes études sont-elles une œuvre d'art? Ha!) de nostalgie bien plaisante. Il m'a aussi justement fait prendre conscience que plus de petits éléments de ma vie ont eu un impact sur ma relation avec le monde de l'art que je l'imaginais. Bien sûr, ceci étant l'objectif de l'exercice, cela m'a aussi permis de faire des liens entre mon parcours et mon projet. Il était destiné à nous donner une meilleure idée de ce que l'on voulait faire comme projet.

 

Période de recherche

Je n'ai pas fait beaucoup de recherche formelle. Je crois que c'est, malheureusement pour moi, plutôt évident. Mais j'ai tout de même recherché de ma propre façon: dans ma tête. J'ai réfléchi beaucoup. Je vous ai aussi consultée. Ça m'a beaucoup aidé, notamment pour la rédaction de ma définition de projet. Votre réponse positive à la direction que je voulais entreprendre m'a aussi encouragé et m'a permis de conclure que c'était vraiment ce projet-là que je voulais faire.

 

Un élément sur lequel j'ai dû beaucoup réfléchir est la partie technique de ma performance. J'ai essayé de faire une liste dans ma tête des problèmes qui pourraient se mettre en travers de mon chemin et des moyens d'y remédier. Par exemple, le support sonore: si je ne peux pas connecter mon portable aux haut-parleurs, je devrais graver mon enregistrement sur un CD et le faire jouer dans le système du café étudiant. Un problème que cette méthode causerait est que je ne pourrais pas voir où est rendu mon enregistrement et que je n'aurais pas de cue visuel. Il n'y aurait pas vraiment de moyen de remédier à ce problème, sauf de me faire évidemment des cues sonores.

 

En parlant du café étudiant, j'y suis allé pour voir un film au ciné-club autour de la période de recherche et ça m'a permis de confirmer que je ferais ma performance là. Ça ma aussi permis de voir que je ne pourrais pas être placé dans le milieu: je serais devant l'écran. Je serai plutôt côté cour, vers le milieu de la salle. La scène devrait donc un peu ressembler à ceci:

 

OUPS, L'IMAGE EST MAL UPLOADÉE OU QUELQUE CHOSE, ALEX!

 

Je vous l'avais bien dit que je ne sais pas dessiné! Mais comme je l'ai dit plusieurs fois, le dessin n'est pas le point central du projet, bien que son lien avec le reste du projet est quelque peu changé depuis ma rencontre avec mon prof-collaborateur. J'y reviendrai.

 

Enfin, pour faire état d'au moins un élément de recherche formel, j'ai essayé de me documenter un peu sur une œuvre qui est plus ou moins à l'origine de mon idée: le jeu vidéo Portal. C'est un jeu assez ingénieux souvent utilisé dans les débats sur la présence de l'art de le monde du jeu. Pour faire un résumé extrêmement bref, on y campe le rôle d'une femme emprisonnée dans une sorte de centre de recherche futuriste. Une voix-off robotisée nommée GLaDOS nous guide (enfin, plus ou moins) à travers une série de salles afin de nous tester, pour une raison inconnue. La où réside la particularité de ce jeu est justement la relation entre le personnage contrôlé par le joueur (plutôt, le joueur en tant que tel) et GLaDOS. Bien que cette voix donne parfois des indices au joueur pour déjouer une salle, elle lui tend aussi des embuches, comme le montre cette extrait traduit: "Le Centre d'Enrichissement a le regret de vous informer que ce prochain test est impossible. Ne tentez pas de le résoudre."[1] Elle continuera d'essayer de démotiver le joueur alors qu'il tente de résoudre la salle et une fois qu'il réussit, la voix dit: "Fantastique. Vous êtes restée déterminée et astucieuse dans une atmosphère d'extrême pessimisme."[2] Tout ça avec une voix extrêmement froide et robotique qui vaut la peine de chercher sur Youtube seulement pour l'entendre. C'était justement le genre de voix que j'allais donner à ma propre voix-off vers la fin de la performance. Les choses ont toutefois un peu changées depuis. De faire cette recherche m'aurait aussi permis de préciser mon thème et de faire prendre à la manière dont je vois mon récit une direction bien distincte. Par exemple, j'aurais pu aborder le thème de la fausse promesse, qui est l'une des tactiques utilisées par GLaDOS pour motiver le joueur (plus précisément, en lui promettant un morceau de gâteau, qui est malheureusement "un mensonge"). Un autre thème aurait pu être la traitrise, qui est aussi utilisé par le robot vers la fin du jeu. Toutefois, comme tant de possibilités se montraient devant moi, je ne savais pas trop quoi choisir. Je me suis donc contenté de développer sur la diffusion plutôt que le contenu. Heureusement, ma rencontre avec M. Christian Roy m'a permis de développer le contenu aussi. Encore une fois, j'y reviendrai.

 

Rétroaction sur les autres projets

D'avoir a rédiger une rétroaction sur les projets des autres étudiants me fait prendre conscience de trois choses:

 

- Je ne suis pas attentif

- Je devrais prendre plus de notes

- J'ai de la difficulté à commenter les choses, en général

 

...Au moins, j'en ai retirai quelque chose!

 

Mais bon, pour être un peu plus sérieux, j'ai tout de même retenus quelques petits éléments. Comme par exemple, je trouve un peu étrange qu'aussi peu d'étudiants aient choisi de faire une performance. Au cours de Langage, dans le cadre de l'atelier de transposition en équipe, toutes les équipes ont choisi de faire une performance. Elles se sont probablement dit, tout comme notre équipe, que c'était le meilleur moyen d'allier les disciplines et d'en faire un mélange homogène. Pourtant, ce même raisonnement concorde aussi avec ce projet. Je ne sais pas trop quoi en conclure. La seule chose qui me chicote, c'est que ça fait démarquer mon projet un peu trop de ceux des autres. Mais bon, quand j'y pense, je savais dès le départ que mon projet serait plutôt spécial et les projets des autres étudiants sont déjà assez diversifiés tels qu'ils le sont. J'ai justement très hâte à la semaine de présentation, pour enfin tout voir ça.

 

Pour ce qui est du travail de Catherine en particulier, bon... j'en ai pas plus à dire que ce que j'ai eu à dire lors du premier séminaire. Ce qui, si vous vous en souvenez, était ridiculement peu. Au moins, c'est l'une des autres seules à faire une performance et elle avait un bon thème: la peur. Du moins, c'est ce dont je me souviens. Je me souviens aussi que son projet manquait un peu de définition. Elle a la structure qu'il lui faut, il faut seulement maintenant qu'elle mette de la chair sur les os de son projet, tout comme moi.

 

 



[1] AYELIS. (Page consultée le 5 mars 2008). GameFAQs: Portal (PC) Game Script, [En ligne]. Adresse URL: http://www.gamefaqs.com/computer/doswin/file/934386/50477

[2] idem.